mardi 30 juin 2009

Voyage d'un amour tendre



Voyage d'un amour tendre
Echo de Bob Silverberg - L'Homme programmé (The second trip)

samedi 27 juin 2009

Congé maladie

Congé de blog en tout cas...

Juste un petit mot pour m'excuser de mon retard à répondre à vos commentaire et... me justifier ;-)

Voilà 3 semaines que j'enchaîne les maladies : virus non identifié, bronchite bactérienne et maintenant... varicelle !

Non seulement je suis sur les genoux, mais je crois imaginer les petits sourires mi-apitoyés mi-amusés quand je dis que j'ai la varicelle, à mon âge :( Dommage que je n'ai pas en même temps la rougeole, la coqueluche, les oreillons (il en manque ?) : je serais enfin tranquille !

En tout cas, ce n'est pas encore aujourd'hui que j'aurai le courage de m'y remettre. Sur ce, je retourne m'allonger.

A la revoyure !

lundi 22 juin 2009

Good night, Mr Coué

Si je suis désespérée
je ne veux pas le savoir
Si le monde s'écroule
je ne veux pas le voir

Si tu n'existes pas
laisse-moi l'ignorer
Si la souffrance est infinie
laisse-moi croire à une fin

Si l'esprit est mort
qu'il se déguise en vie
Si le bien n'est qu'illusion
que le mal soit lumineux

Si le vide m'entoure
je veux créer les étoiles
Si tout n'est que vanité
je veux inventer l'espoir


J'ai hésité à faire une deuxième publication aujourd'hui, dans la foulée. Mais après tout elle était déjà prête quand j'ai découvert Pharos (mais pourquoi affublent-ils leurs horreurs de si jolis noms ?!) et finalement elle est d'actualité...
En prime, je mets ma play-list Deezer en lancement automatique, histoire de me remonter le moral avec cette Love Light qui est mon antidépresseur préféré. Si elle vous casse les oreilles, la playlist et son bouton "arrêt" sont à droite :)

Mais arrêtez... !

Curieuse coïncidence. Je m'interrogeais hier sur le besoin d'un minimum de contrôle d'Internet, pour éviter le danger des comportements irresponsables. Et aujourd'hui je découvre la brillante réponse que "nos" autorités apportent à une question similaire - mais je doute que le but soit exactement le même ;-) et là il n'est pas question d'éducation.

Connaissez-vous Pharos ? Non pas la merveille antique, cette espèce de prototype de la Statue de la Liberté, non, car le moins qu'on puisse dire est que ce n'est pas vraiment la liberté qui éclaire en l'occurence. Moi je ne connaissais pas encore et j'aurais préféré garder mon innocente ignorance...

C'est le ministère de l'Intérieur qui vient de pondre cette nouvelle trouvaille. Il s'agit ni plus ni moins que d'un espace de délation tout confort : un site internet voué à collecter, anonymement bien sûr, les dénonciations de "sites ou contenus contraires aux lois et règlements diffusés sur Internet".

Je cherche la pétition. Pas possible qu'il n'y en ait pas !

En attendant, je m'interroge toujours. Mais à présent je me demande si je ne préfère pas, à tout prendre, que quelques abrutis publient librement des messages irresponsables sur les forums. Si c'est là la seule alternative que notre société est capable de produire, elle est pire que le mal. Elle est le mal.

NB : d'après l'article que je viens de lire, quelques 300 000 internautes se sont déjà connectés à ce site de délation. J'ignore quelle proportion a pondu son e-lettre anonyme, mais même s'il n'y en avait que 10 !... Ce seraient les 10 premières victimes.
Je n'ai pas lu les réactions à l'article. Je n'ose pas.

Non seulement nous voilà encouragés à nous abaisser au rang de cafteurs - pas encore rémunérés; ça viendra ! - mais on connaît les dérives possibles. Bonjour les règlements de compte ! A-t-on jamais dénombré les fausses accusations, tout aussi anonymes of course, portées pendant l'Occupation par des "bons français" pour éliminer commodément un voisin ou un parent gênant ? Une fois fiché (qui croira que ce système ne produira pas un fichier ?), l'innocent aura fort à faire pour lever le doute...
J'arrête là. Ca me rend malade.

samedi 20 juin 2009

Mais arrêtez de déconner !!!

Je suis déprimée.

Pour une fois ce n'est pas à cause des aberrations de mon propre cerveau, mais de la (re-re-re-)constatation de la BETISE CRASSE - et dangereuse - qui règne sur cette merveille qu'est Internet.

Tout part d'une ordonnance de mon endocrinologue-nutritionniste-diabétologue, qui me suit depuis plusieurs années pour un petit souci à la thyroïde et des problèmes de surpoids - obésité réelle, pas caprice de fashion-victim !
En raison d'une situation très spécifique il m'a prescrit, après un examen et un interrogatoire exhaustifs et une information sérieuse, du Sibutral : un coupe-faim délivré exclusivement sur ordonnance, et encore uniquement de certains spécialistes. A prendre bien sûr en complément d'un régime alimentaire et d'une bonne hygiène de vie.

Je me méfie comme de la peste de ces trucs qui ressemblent fâcheusement à des amphétamines (non seulement c'est dangereux, mais les excitants, ce n'est pas ma tasse de... thé ;-) Je suis donc plutôt réticente et, sans le lui dire, bien décidée à essayer de m'en passer si j'y arrive.
Au cas où je ne pourrais pas y couper, j'ai quand même voulu en savoir plus et bien sûr me suis précipitée sur mon PC-miracle.

Résultat des courses : j'ai retrouvé essentiellement les informations données par le médecin, dont une liste impressionnante de contre-indications et d'effet secondaires parfois mortels, plus quelques détails moins importants, mais surtout des aberrations dangereuses, y compris sur les forums de sites soi-disant spécialisés dans la santé ! Par exemple :

- des femmes qui estiment avoir quelques kilos à perdre (genre "je fais 1m59 et pèse 60kg, je veux perdre 5kg), donc loin d'avoir un "indice de masse corporelle" anormal et préjudiciable à leur santé, et à qui un médecin a prescrit du Sibutral, comme si c'était un placebo... là où un léger régime et un peu d'exercice seraient probablement plus que suffisants.

- d'autres qui proposent tranquillement de revendre une boîte qui leur reste - sans se soucier le moins de monde de préciser qu'il n'est délivré que sur ordonnance et nécessite un suivi médical rigoureux -, y compris sur des forums où pourtant des médecins étaient intervenus pour remettre les pendules à l'heure - ou du plomb dans les cervelles, pour varier les métaphores. Les 90€ minimum, non remboursés, qu'elles ont dépensés justifient-ils ce comportement de dealer ?

- des discussions hallucinantes où alternent "conseils" meurtriers et apologies débiles, et où on recommande l'utilisation de ce médicament potentiellement très DANGEREUX comme on recommanderait une marque de spaghetti.

- et évidemment des sites qui proposent cette molécule, la sibutramine, sous différents noms de spécialités, sans ordonnance bien entendu et donc sans aucun contrôle médical. Le pire étant que les mono-neurones participant(e)s aux forums, y compris pseudo-médicaux, se refilent allègrement ces adresses...

J'espère que tous mes visiteurs comprennent qu'on se sente déprimé en mesurant la profondeur abyssale d'une telle stupidité :-(
Le plus triste est que la grande majorité de ces personnes (sauf le médecin qui prescrit ça à la légère) sont sûrement pleines de bonnes intentions et souhaitent sincèrement aider leurs interlocutrices - car il n'y a pratiquement pas de mecs dans le lot, à part les toubibs - tout en les mettant sereinement en danger de mort !

Donc je me mêle de ce qui me regarde, comme ça nous regarde tous, et ajoute mes 3 petits grains de sel même si je ne suis heureusement pas la seule à le faire; enfoncer un clou utile, tant pis si ça sent le réchauffé !

1 - Internet, c'est magnifique, un espace de liberté et d'information où on peut dire tout ce qu'on veut et trouver une masse phénoménale de renseignements. Le problème c'est que la diffusion du mode d'emploi a quelques décennies de retard sur la technique...

Ce qu'on écrit "online", n'importe qui peut le lire et, qu'on le veuille ou non, on est responsable de ce qu'on dit; cette liberté de parole quasiment sans contrôle, c'est une bombe à retardement qu'on ne manie pas sans précautions et sans un minimum de bon sens.
Que ressentira une de ces écervelées si on enquête sur une mort consécutive à la prise de ce médicament et qu'il s'avère que c'est elle, en le revendant ou simplement en le conseillant à la légère, qui a tué celle qu'elle voulait aider ? Sans doute n'a-t-elle pas été suffisamment informée, ne l'a-t-on pas assez aidée à prendre conscience des conséquences possibles de ses publications, mais si elle se retrouve avec un tel poids sur la conscience, c'est elle qui en subira la douleur.

Quant aux informations trouvées sur les sites, notamment les forums ou les blogs, elles ne sont pas contrôlées et les sources vérifiées, comme c'est le cas avec les supports papier, où l'éditeur a une responsabilité légale. Généralement les hébergeurs indiquent clairement, dans les conditions d'utilisation, qu'ils ne sont pas responsables du contenu publié par les participants. Et donc, parmi des informations fiables et sérieuses (à recouper quand même quand le sujet est sensible), on trouve une masse d'idioties, de désinformation délibérée et de contre-vérités involontaires, souvent répercutées sans aucun esprit critique de forum à blog, de blog à forum, jusqu'à prendre des allures de vérité révélée simplement par l'effet du nombre.
Lorsqu'on se laisse convaincre de la réalité d'une info parce que "ils l'ont dit à la télé" ou "ils l'ont dit dans le journal", on est quand même un peu protégé par la loi que doivent respecter les organes de presse; mais dans ce cadre du net, il n'y a pas ces garde-fous.

2 - Je n'ai aucune envie de prêcher une limitation de la liberté d'expression sur Internet. Elle est trop jouissive pour moi ;-) et nos espaces de liberté se réduisent bien assez vite pour que je souhaite protéger celui-là. Mais, sans parler de censure, j'en viens à me demander s'il ne faudrait pas quand même un contrôle plus large de ce qui se publie, sur les forums ou ailleurs sur le net.

Bien sûr c'est délicat. Déjà, qui serait chargé de ce contrôle ? Peut-on imaginer, utopiquement hélas, un organisme suffisament indépendant des impératifs économiques, politiques et de tout intérêt personnel pour assurer cette tâche ? Les anges ne courent pas les rues.

Alors une solution moins liberticide serait d'attaquer le problème sous l'angle de l'éducation. Encore qu'entre éducation/information et éducation/endoctrinement la frontière est dangereusement fluctuante...
N'ayant pas d'enfants d'âge scolaire dans mon entourage, j'ignore le contenu de l'apprentissage à l'informatique et à l'utilisation d'Internet dispensé par l'Education Nationale et le degré de sensibilisation des parents aux problèmes que ça pose (le spectre de la pédophilie, bien sûr, est sûrement pris en compte, mais la responsabilité morale du simple fait de participer à un forum ou de tenir un blog ?).
Vous qui en savez plus que moi là-dessus, j'espère que vous me le direz :)

3 - Pour en revenir au Sibutral (le prendra, le prendra pas, la Fantômette ?), je m'étonne toujours que des moyens conséquents soient mis en oeuvre pour lutter contre le pernicieux et délétère pervertissement de notre belle jeunesse par les drogues illégales et, dans une mesure variable, par les légales (ah ! Douste-Blazy s'aplatissant devant les viticulteurs ! C'est que je l'aimais bien, moi...) et que dans le même temps il n'y ait pas de campagne de prévention/répression(?) aussi énergique concernant les médicaments, vendus sur ordonnance ou non, dont on fait en France une consommation faramineuse, notamment les psychotropes : antidépresseurs et anxiolytiques, et les sites de vente en ligne de médicaments qui, selon la loi française, ne peuvent être délivrés que sur ordonnance.

Les moyens techniques existent sûrement pour que les FAI empêchent l'accès à ces dealers de drogues dures via leurs services, non ? (encore que j'aie déjà atterri aussi sur des blogs qui font l'apologie de l'héroïne, mais peut-être ont-ils été fermés depuis). N'est-ce pas assez porteur pour la campagne électorale permanente qui conditionne l'élaboration de notre législation ? Ou aurais-je mauvais esprit ???
De toute façon, je tiens à mon slogan : "l'éducation est plus efficace que la prohibition"... et ne prend pas les citoyens pour des irresponsables dont la liberté serait forcément dangereuse.


PS : en prime, puisqu'après tout on est sur Internet ;-) deux sites d'info sur les médicaments, à titre bien sûr purement informatif et qui ne remplace pas la consultation d'un médecin... sérieux ;-) :

- le BIAM (banque de données) : page de présentation et moteur de recherche. C'est plutôt une bdd pour les professionnels et ça suppose qu'on connaisse (ou cherche ailleurs) le sens de pas mal de termes. Il ne répertorie pas les médicaments, sauf des spécialités étrangères, mais les molécules.

- le Vidal, site de la société qui d'ailleurs gère maintenant le BIAM. C'est l'éditeur, depuis des lustres, du "Dictionnaire Vidal", la Bible (papier) des médicaments. Ce site propose un espace "professionnels", mais aussi un "grand public" et répertorie les spécialités. Son sous-site pour le grand public, avec un champ "recherche" à gauche pour trouver la fiche d'un médicament : Eurekasanté

Fâcheux concours de circonstances

Une fois de plus, c'est Zefyrane qui m'a mise en branle, ce qui relève de l'exploit étant donné ma puissante inertie naturelle...

Brefle, comme dirait cette chère éolienne, j'ai pris mon courage à deux mains et ma souris, euh, dans la troisième sans doute (ou dans un tentacule ?) et j'ai participé moi aussi au concours "lutte contre l'homophobie" sur le Clog.

Comme je suis décidément très lente, je viens à peine de réaliser que ce serait une bonne idée évidente de vous donner l'adresse, pour participer si vous voulez à un des concours ouverts (la lutte et les grimaces)... sauf qu'il est trop tard pour "la lutte" : je croyais que c'était jusqu'au 20 comme pour les grimaces, ben non : c'était que jusqu'au 19 :(

Bon, d'accord, je suis assez nulle. Mais quand même ! vous avez encore les grimaces (en vous dépêchant : Rubriques/Les concours) et tous les concours à venir. Et puis vous pouvez aussi consulter les précédents : je viens de voir des photos et des textes qui valent le détour !

Info de dernière minute le 20-6
En fait je suis voyante : la date limite est reportée aussi à aujourd'hui pour "la lutte contre l'homophobie". Alors à vos crayons, stylos, souris, tablettes graphiques, appareils photos ! C'est pour une juste cause :)

jeudi 11 juin 2009

Jazz au choeur

Eglise si immobile !
les notes chatouillent les pierres
douce secousse d'ombre
née de l'air

Lianes entrelacées à l'assaut des colonnes
les vénérables pierres
en sont décapées
arrondies
étincelantes

Une heure s'écoule crescendo et les fantasmes
de fumée et d'alcool
emplissent la nef

Un petit souvenir sur le vif d'un concert mal commencé et fini dans l'exultation, Kenny Barron à l'église Saint Germain des Prés.

vendredi 5 juin 2009

Double vue ?

Il y a quelque temps, j'encourageais énergiquement mes visiteurs à lire non seulement mes publications - quand même ! -, mais aussi les commentaires, intéressants et enrichissants... notamment pour moi.

Aujourd'hui je vais enfoncer le clou et en rajouter une couche (ça se voit que je bricole ces temps-ci) à la lumière de mon dernier poème, Dhel-.
C'est qu'il vient de se produire ce qui m'arrive bien souvent : au fil des commentaires, notamment ceux de mes deux Bulle (vous permettez que je vous considère un peu comme miennes, jolies bulles errantes ?), je m'aperçois qu'on peut voir dans mon poème tout autre chose que ce que je croyais y avoir mis.

Au départ je rêvassais, comme d'hab, en contemplant vaguement la différence de luminosité entre l'extérieur et mon petit chez-moi, puis l'obsurcissement progressif, les nuances d'intensité mais aussi de qualité de la lumière, entre la partie de la pièce près de la porte-fenêtre et un peu plus loin vers l'intérieur.
Saisie d'inspiration, me voilà agrippant férocement le premier carnet qui me tombe sous la main (j'en sème partout) pour enfanter - sans douleur - une nouvelle Oeuvre inoubliable. En fait je me laissais porter par l'idée de lumière, je tournicotais autour de ses différents aspects, sa signification matérielle ou symbolique, bref je cherchais à décrire la lumière.

De mon point de vue, j'y étais arrivée. Puis... commentaires.
Qui me faisaient plaisir mais me laissaient quand même un peu dubitative : "voyage" ? "visionnaire" ? Prise dans la sensation initiale qui m'avait poussée à écrire, je n'y percevais pas vraiment ça.

Ce n'est qu'avec le dernier commentaire, celui de Bulle Noire, que j'ai enfin décidé d'agir - ce qui me demande toujours beaucoup de stimuli et une longue mise en train. Autrement dit, j'ai relu mon poème en essayant de faire abstraction des conditions de sa naissance, pour essayer de ressentir comment on pouvait le percevoir d'un oeil vierge.
Et là, illumination ! Tout à coup c'était évident : bien sûr, c'est un voyage qui se dessine, une sorte d'errance cosmique. A ce propos, je vous suggère de le lire en écoutant mon cher Dark Star (dans la play-list Deezer, à droite); ne vous inquiétez pas : le début du morceau suivant vous tirera sans mal de votre transe ;-)

Je suis un peu déçue que mes élucubrations sur la lumière ne soient pas perceptibles (trop cryptiques ?), que le poème soit raté selon son objectif initial, mais en même temps émerveillée d'avoir produit involontairement quelque chose qui me plaît aussi et... qui m'échappe totalement. Je n'ai pas voulu fantasmer un voyage cosmique, et pourtant il s'est créé tout seul, en utilisant mon carnet, mes mains, ma sensibilité, mon psychisme, etc. et je ne sais pas d'où il sort, quelle alchimie compliquée l'a synthétisé.

Finalement, face à ce mystère, je suis toujours aussi dubitative bien que pour d'autres raisons. Et je crains fort que l'explication soit inaccessible...
A moins que la perspective de l'expo William Blake, que je vais visiter dans quelques jours, m'ait faite visionnaire, sans le moindre stimulant artificiel ??? C'est un peu inquiétant. Dubitative, je vous dis !

dimanche 31 mai 2009

Dhel-

La lumière se dissoud
se perd au fil du temps
se dilue dans l'espace
se noie dans le néant.

Faim.
Le corps l'aspire
l'âme est en manque.

Lumière interne, externe
du soleil de bronzette
au vide blanc intense
au seuil de l'au-delà.

Vie.
La lumière imprègne
anime, éveille, crée.

Noir.
Tu n'existes pas.
Visible, tu peux être.

Onduleuses particules
qui dessinent les corps
chapelet de marées
qui sculpte le futur.

Lumière égale temps
la durée qui s'écoule
ryhtme de ce qui est
mesure de l'infini.


     Un rayon, une ombre, un reflet.

     Vision ou hallucination
     illusion ou aveuglement ?

     Trame de la réalité.

dimanche 24 mai 2009

Coucou, me revoilà :)

Mea - mais pas uniquement - maxima culpa !

Ces derniers temps, entre mes gros problèmes de PC (et oui : à hanter les sites qu'il ne faut pas, on chope des virus !) et un bon - et tout aussi gros - surmenage, j'ai surtout scintillé par mon absence.

Absente, inactive hormis quelques timides aménagements post-déménagement (il y a sept mois, mais il reste encore à faire), souffretante, mollissante. Bref, c'était une période "sans"... sans compter que les premières chaleurs me font déjà regretter la douce froidure du tombeau hivernal...

Le retour n'est pas fracassant, mais il s'amorce. Je vais déjà m'occuper des commentaires orphelins et bientôt, j'espère, pondre quelque nouvelle "oeuvre" inoubliable ;-)

dimanche 10 mai 2009

Conscience

Une lente maturation
sur les marches du temps

Des portes surgissent
de la brume
émergent
de la vitalité
aveugle

Les serrures sont dures
les gonds grinçants
certains frottant
résistent
longtemps
toujours ???


Emergence

Pourtant des interstices
offrent un aperçu
parfois
l'ouverture béante
éclaire
une nouvelle dimension


Pièce après pièce
le long du couloir
dévoilé
des escaliers abrupts
la structure
de la maison se révèle



Le paysage survolé
cesse
de n'être que schéma
prend de l'épaissseur
une dimension
s'ajoute

Les volets s'ouvrent
les yeux s'ouvrent
couche après couche
lambeau sur lambeau

la conscience s'élargit
le temps d'une vie.

mercredi 6 mai 2009

Séparation

Quand tu seras vidé de ce qui était toi,
quand la cire sculptée aura chassé la chair,
quand le silence lourd effacera tes mots,
quand tu déposeras ton fardeau de fatigue,

alors autour de toi, empruntés et figés,
assemblés au hasard en grappe disparate,
inconfortablement douloureux ou gênés,
nous redessinerons les traits de ton visage.

Réunis par le deuil, nos credo divergents
plus que jamais sans doute nous sépareront tous.
Perdus dans nos pensées, nos cris ou nos prières,
c'est simplement la Mort que nous affronterons.

Quand tu seras paisible, délivré de tout mal,
nous restera au cœur la souffrance insondable.
Quand tu voyageras, ailleurs ou nulle part,
nous resterons cloués au poids de la matière.

Un instant fugitif, nous verrons le fossé
s'élargir entre nous, entre toi et le monde.
Nous sentirons le temps déchirer ce moment
plus vulnérable encore que l'espace de ta vie.

Au seuil de la vieillesse, peut-être saurons-nous
ce qui depuis ce jour nous aura tant manqué.
Puis l'ombre reviendra, rassemblant sous son aile,
au fond du puits béant, nos âmes fusionnées.

dimanche 3 mai 2009

Curiosité dangereuse

Il était une fois une petite idée qui s'était perdue dans l'inconnu.
L'inconnu n'est pas méchant, mais il avoisine le cruel inconnaissable.

Générations


Générations

mardi 28 avril 2009

Symphonie héroïque

Ploc ?
Splash !

Le ciel sur Paris
touille sa soupe à la grenouille.
Verse des haches pour couper les cordes,
des cordes pour porter les seaux,
des seaux pour vider les torrents,
des torrents pour prendre une douche.

Pom, pom, pom, ploc. Pom, pom, pom, ploc !

Ambivalence

Elle est charmante, Marie-Jeanne.
Elle est belle, elle est chic,
elle est chiante.

Elle est gentille, ma copine.
Généreuse, exubérante,
exténuante.

Elle a un foutu caractère.
Soupe au lait, susceptible,
elle m'enchante !

samedi 25 avril 2009

Influence

Chaque dialogue laisse une empreinte.
Trace légère mais gravée
insensiblement.
L'esprit n'y trouve rien
le souvenir paraît vide
mais chaque mot chaque concept
a déposé un flocon
ou un effluve
une ombre immatérielle
mais a existé
a donné son coup de pouce.
Peu à peu,
subtilement,
la trajectoire s'infléchit.

samedi 18 avril 2009

Pages et images

Me voilà tagguée par Clélia, un joli petit tag.

Règle du jeu :
"Prendre une photo de votre marque-page
Expliquer son histoire
Citer la personne qui vous a taggué
Tagguer à son tour trois personnes"

J'ai donc pris cette photo, qui hélas restitue assez mal les couleurs, par exemple les nuances de jaune pâle de la carnation :(

Comme j'ai une fâcheuse tendance à les semer partout, j'utilise le plus souvent les signets en papier fournis par les bibliothèques de Paris, mais j'en ai deux ou trois plus esthétiques. Celui-ci est un détail d'"Ophélie", d'un peintre (une peintre ? une peintresse ??? Bouh !) contemporain, Livia Vajda. J'aime beaucoup le contraste entre la mélancolie du visage et l'exubérance des couleurs.

Son histoire est toute simple, simplement sympathique. J'ai flashé sur des reproductions de tableaux dans le cabinet de ma kiné, la très gentille Diane (jeune, gaie, bavarde... mais qui a quelque chose à dire !). Elle connaît Livia Vajda et m'a donné quelques signets illustrés de ses œuvres. Un joli souvenir des séances, aussi bénéfiques par les papotages enjoués que par le soulagement de mes douleurs :)

L'abri actuel de ce marque-page est "L'art de la méditation" de Matthieu Ricard, très intéressant et agréable à lire. Je sors d'une tentative - avortée - pour décrypter l'Ethique de Spinoza... où ma pauvre Ophélie se sentait perdue ! Mes tentatives de méditation ne sont guère plus fructueuses jusqu'à présent, mais ce "mode d'emploi" devrait améliorer les choses.

Il me reste à désigner quelques amoureux des livres et des images, qui prendront le relais.

Clélia m'a chipé Frédérianne :( mais si elle hésite entre deux signets, ce sera une bonne raison pour nous montrer les deux !

Bulle, je suis sûre que tu aimes lire. Et même si tu faisais partie de ces vandales qui cornent les pages, tu pourrais nous dessiner un marque-page d'actualité ;-)

Foxxy1, quel signet as-tu glissé dans ton dernier Spinoza ? J'espère qu'il est plus efficace que le mien !

Une petite suggestion pour finir : je me fabrique de jolis signets en imprimant sur un papier épais des images capturées sur le net. Clélia et Frédérianne y ont contribué :)

mardi 14 avril 2009

Help !

J'ai un petit problème avec la playlist Deezer que je viens d'ajouter dans le bandeau de droite : quand je lance le premier morceau (Ricochet, part I) il ne s'arrête pas automatiquement si on en lance un autre, il faut l'arrêter avant avec le bouton "stop". Après, rien à faire pour s'en débarrasser, sauf à recharger la page ! Et comme il fait 17mn, pas question de patienter :(

Je voudrais savoir si c'est encore un tour de mon PC ou si vous avez le même problème. Pourriez-vous essayer et me dire ce qui se passe pour vous ?
Si c'est un bug général, je l'enlèverai - snif, c'est un de mes vieux amours, avec souvenir magique d'un concert et tout et tout.

Je n'ai pas tout testé, mais a priori c'est le seul morceau à faire ça.

Merci de m'aider :)

Une passagère

Etriquée, comme sa bouche pincée.
Coincée, comme ses cheveux trop sages.
Eteinte, comme son gris et beige atone.
Triste, comme le regard qu'elle baisse.

lundi 13 avril 2009

Conditionnement

Je viens de faire un tour sur beaute-test.com, histoire d'aller témoigner des qualités remarquables du shikakai pour les cheveux. Si je n'avais pas décidé que ce blog n'est pas un recueil de trucs et recettes, je ne me retiendrais pas d'en parler plus longuement ;-)

Par curiosité, je suis allée voir les autres avis laissés sur les produits que j'apprécie, dont la crème pour les mains Body Shop au chanvre. Faut dire que je suis une fan du chanvre, que ce soit pour les vêtements et accessoires, l'huile de cuisine ou la crème pour les mains !

Deux détails m'ont amusée.

D'une part, au fil du temps les commentaires, qui disaient souvent que la crème pénètre vite et ne laisse pas les mains grasses, disent à peu près unanimement le contraire. Et pourtant à ma connaissance la composition n'a pas changé, depuis deux ans que j'avais donné mon opinion et au moins trois que je l'utilise, et l'effet est toujours exactement le même. Les nouvelles consommatrices seraient-elles des gloutonnes qui en mettent une louche alors que très peu suffit ???
Je serais curieuse de savoir le pourquoi de cette évolution.

D'autre part, si l'odeur du produit n'emballe pas grand monde (apparemment on adore ou on déteste; moi ça m'indiffère, d'ailleurs elle n'est pas très forte), les avis à ce sujet sont parfois comiques...

Manifestement, le mot "chanvre" obsède les utilisatrices ! On a droit à des commentaires du genre "mes mains sentent le pétard", "odeur enivrante" (sic) alors que l'odeur, assez particulière c'est vrai, de cette crème peut évoquer un parfum de plante, d'herbe (gazon !) mais c'est tout. Le chanvre textile utilisé commercialement n'a pas grand chose à voir avec le cannabis fumé, et notamment pas l'odeur - oui, bon, j'avoue que je la connais; on n'a pas eu 20 ans pendant les 70's sans qu'il en reste des souvenirs.

J'ai un peu l'impression que ces braves personnes flashent sur le nom et sont persuadées a priori qu'elle vont être parfumées comme après avoir fumé un joint... Et je me demande dans quelle mesure ce mot magique de "chanvre" n'est pas pour beaucoup dans l'achat, en procurant à bon compte un frisson de transgression, quelle que soit la qualité (réelle) du produit...

Sur ce je m'en vais préparer ma salade vespérale, à l'huile de chanvre.

dimanche 12 avril 2009

N'oubliez pas les commentaires !

Meuh non, je ne me lance pas dans le "lach té com", rassurez-vous :)

Je ne vous demande pas de laisser un commentaire : vous le faites si ça vous chante, il sera très bienvenu mais jamais obligatoire. Par contre vous pouvez aller les voir. Je vous avoue que j'ai souvent plaisir à les lire sur les blogs des autres... parfois même plus qu'à l'article commenté :-P

Et comme j'ai la chance qu'on me laisse souvent des commentaires que j'apprécie beaucoup, non seulement amicaux mais intelligents, informatifs, drôles ou poétiques (j'avais lapsussé "politiques" : je devais penser à toi, Gwendal !), j'aime tout simplement les partager avec mes visiteurs. Ils font partie intégrante de chaque article, qu'ils enrichissent.

samedi 11 avril 2009

Bla-bla autour de Sounds of Silence

Plus je réécoute cette chanson, qui décidément a semé de puissantes graines dans mon cerveau, et plus je me souviens à quel point ces vieux textes de Paul Simon me parlaient. Ils me parlent toujours, d'ailleurs.

Alors comme j'ai envie de partager cette émotion, voici pour les non-anglophones une traduction (maison, donc pas top !) de Sounds of Silence et, en prime, celle d'une autre chanson, peut-être ma préférée de Simon & Garfunkel et infiniment moins connue que SOS : Patterns.

En écrivant paresseusement "SOS", je me demande pour la énième fois si l'ambiguïté de ce sigle était voulue ??? Il faut dire, puisque l'heure est aux souvenirs, que c'est le même très cool "lecteur" écossais qui, au collège, nous faisait apprendre Sounds of Silence (que je connaissais déjà) et Lucy in the Sky with Diamonds (idem)... en nous expliquant le double sens du titre.


Sons du silence

Salut obscurité, ma vieille amie,
Je suis venu parler avec toi, une fois de plus,
Car une vision, rampant doucement,
A laissé ses graines pendant que je dormais,
Et la vision plantée dans mon cerveau
Reste encore
A l'intérieur du son du silence.

Dans des rêves agités je marchais seul.
Etroites rues pavées.
Sous le halo d'un réverbère,
Je relevais mon col contre le froid et l'humidité
Quand mes yeux furent poignardés par l'éclair
D'un néon
Qui déchira la nuit
Et toucha le son du silence.

Et dans la lumière nue je vis
Dix mille personnes, peut-être plus.
Des gens qui parlaient sans converser,
Des gens qui entendaient sans écouter,
Des gens qui écrivaient des chansons que jamais des voix ne partageaient
Et personne n'osait
Troubler le son du silence.

Idiots, dis-je, vous ne savez pas
Que le silence s'étend comme un cancer.
Entendez mes paroles, que je puisse vous apprendre,
Prenez mes bras, que je puisse vous atteindre.
Mais mes paroles, comme de silencieuses gouttes de pluie, tombaient
Et résonnaient
Dans les puits du silence.

Et les gens s'inclinaient et priaient
Devant le Dieu de néon qu'ils avaient créé.
Et l'enseigne lançait son avertissement,
Dans les mots qu'elle formait.
Et les enseignes disaient : les paroles des prophètes
sont écrites sur les murs du métro
et les halls d'immeubles.
Et murmurées dans les sons du silence.


Schémas
(NB : je n'arrive pas à traduire exactement "patterns", à la fois modèle, patron (couture), motif d'un dessin, mode de comportement, type, "pattern"... En tout cas toujours quelque chose d'immuable et indéfiniment reproduit. J'ai choisi "schémas" mais c'est réducteur)

La nuit s'installe doucement
avec le silence de feuilles qui tombent,
projetant des ombres tremblantes
sur les maisons à travers les arbres,
et la lumière d'un réverbère
dessine un schéma sur mon mur,
comme les pièces d'un puzzle
ou le dessin gribouillé d'un enfant.

En haut d'une étroite volée d'escaliers
dans une étroite petite chambre,
comme je suis étendu sur mon lit
dans la mélancolie d'un début de soirée,
empalés sur mon mur
mes yeux peuvent à peine voir
le schéma de ma vie
et ce puzzle qui est moi.

Du moment de ma naissance
à l'instant de ma mort,
il y a des schémas que je dois suivre
tout comme je dois respirer chaque respiration.
Comme un rat dans un labyrinthe,
le chemin s'étend devant moi
et le schéma ne change jamais
jusqu'à ce que le rat meure.

Et le schéma reste encore
sur le mur où tombe l'obscurité,
et c'est approprié qu'il doive en être ainsi,
car c'est dans l'obscurité que je dois demeurer.
Comme la couleur de ma peau,
ou le jour où je vieillirai,
ma vie est faite de schémas
qui peuvent à peine être contrôlés.

Elle me parle trop, celle-là ! Mais la voilà quand même, avec son arrangement un peu arabisant (Simon n'a pas attendu la mode pour s'intéresser à la "world music", d'ailleurs), précédée d'une version d'Anji par Paul et son frère - dont j'apprends l'existence. Le son est médiocre mais S&G sont grands ! même petit Paul. Il n'y a pas que des tarés chez les "short people" :)



Bon, j'arrête là. Sinon vous auriez droit à toutes les vidéos de S&G sur YouTube et DailyMotion, l'une après l'autre. Allez donc y faire un tour !

jeudi 9 avril 2009

Pur plaisir

Je viens de tomber (encore, j'ai les genoux pleins de bleus) sur les paroles de "La voix du silence" (chantée par Marie Lafôret) sur un blog. Et tout à coup la version originale déferle du fin fond de mes neurones...

Mille écoutes ? Dix mille ??? Sounds of Silence a été pendant longtemps ma chanson préférée, et reste une de mes potions magiques quand j'ai besoin de me souvenir que la beauté, l'intelligence et la sensibilité existent en ce bas monde.

Je l'ai bien sûr en CD et en mp3, mais j'avais envie de revoir l'inimitable dégaine lunaire d'Art Garfunkel et j'ai fait un tour sur YouTube. Résultat des courses : une version life en 67, que bien sûr je vous inflige ;-)

En plus, c'était au festival de Monterey. Ah !... le Dead, Joplin, Country Joe, Eric Burdon & the Animals, Otis Redding, l'Airplane, Quicksilver, Ravi Shankar !
Mais putain, pourquoi je suis pas née 10 ans plus tôt !!! A 19 ans, j'étais en plein trip hippy (déjà, diraient certains)... mais trop tard pour Monterey :(

samedi 4 avril 2009

Relativité non restreinte

Je viens de tomber par hasard (forcément, vu mon manque total d'affinité avec le sujet) sur le site Intersport.

En page d'accueil : un concours pour gagner la valeur d'une année sabbatique. Comme je pense toujours avec regret au rythme paisible de mon année maladivement sabbatique, j'y ai glissé un oeil.

Je n'ai pas participé.

Non pas parce que j'ignorais les réponses : elles doivent se trouver en 2 mn sur le net; en pratique, c'est plutôt une loterie.

Non, c'est seulement que le petit laïus d'introduction m'a révulsée.

J'ai l'estomac (ou la conscience ?) hyper-sensible, d'accord. Mais quand je vois que la fine équipe qui a pondu ce texte considère qu'une année de salaire représente 75 000 €, et enfonce le clou en écrivant : "2 mois de salaire (10 000€)", j'ai envie de leur demander sur quelle étrange planète ils vivent - planète d'ailleurs manifestement exotique, puisque l'année y compte environ 14 mois.

Leur grand prix représente non pas 1 mais plus de 3 ans de mon salaire, pratiquement le salaire moyen en France... et élevé à l'échelle mondiale.

Comme celui d'un webmaster serait plutôt de 2 500 € que de 5 000, je suppose que ce n'est pas lui/elle qui a écrit le texte.
Si c'est l'oeuvre d'un pro du sport, je sens que je vais enfin me mettre à faire de l'exercice :-)

dimanche 29 mars 2009

Triste monde réel

Pas de poésie ni de vertueuse indignation aujourd'hui, si ce n'est celle qu'on éprouve toujours devant la mort.

Car JF est mort. Le webmaster de BlogsWizz qui animait cet annuaire de blogs sympathique et amical, bien loin des grosses usines, nous a accompagnés aussi loin qu'il a pu, mais c'est fini.

Je sais que d'autres "blogswizzers" le connaissaient bien mieux que moi, mais au travers de rares échanges j'ai pu apprécier, comme nous tous, sa gentillesse, sa disponibilité, son humour.
Derrière l'écran, c'était un homme qui nous accueillait.

Adieu.

dimanche 22 mars 2009

Sublimation

Horizons perdus
vague plaine éteinte
une ondulation laborieuse
tient lieu de vent...

Le spasme d'un désir
indésirable intrus
y est la seule force
déviée, inadaptée;

envie de poison
soif d'absorber le monde
les yeux fermés
abandon désespéré;

détournée en mal bouffe
en flacon magique,
je veux la modeler
en main ouverte !

Comment découvrir cette alchimie ? Transmuer une puissante envie de clope en un mouvement bénéfique, au lieu de la neutraliser en bonbong ?
Où suivre un cours ? Où acheter le mode d'emploi ?
Comment accepter qu'il est là, invisible en moi... mais pourtant pas imperceptible. Malgré moi je le sens alors même que je voudrais le trouver dehors.


Tentative : un bain sonore pour éveiller ce savoir assoupi. Toute musique sera bonne à essayer, de Pergolese à Marley, mais commençons par ces vagues Lovecraftiennes de 1968 qui viennent me lessiver les oreilles et les neurones ces derniers jours :)
Et comme d'hab', il faut parfois recharger la page pour que les vidéos soient disponibles...



H.P. Lovecraft - White ship


H.P. Lovecraft - Electrallentando

vendredi 20 mars 2009

Habemus papam (hélas !)

Un catholique fervent - on peut supposer que c'est le cas - considère que l'acte sexuel n'a rien à voir avec la satisfaction d'un désir ou la recherche (d'ailleurs condamnable en tant que telle) du plaisir, et que s'accoupler n'est qu'acte bestial d'obéissance à l'ordre divin : "croître et multiplier". C'est son droit le plus strict.
Qu'il exprime son opinion, également.

De même que c'est le droit de quiconque de considérer qu'un enseignement religieux est "mauvais et inhumain" - c'est d'ailleurs mon opinion sur tous ceux, catholicisme et islam entre autres, qui accordent un statut inférieur à certains être humains, du fait de leur (in)croyance ou... de leur sexe par exemple.
Le dire est toujours ce même droit fondamental.

Mais là où certaine catastrophe ambulante moyenâgeuse pose problème, comme dirait Juppé, c'est que dans son cas ne sont pas en jeu les seules libertés d'opinion et d'expression de l'individu Ratzinger.
Cet homme (mais oui ;-) a une influence, à des degrés divers, sur plus d'un milliard de catholiques ! Et à moins d'être d'une stupidité abyssale (et ce n'est a priori pas du tout le cas), il sait pertinemment que les opinions qu'il émet ont valeur d'exemple, si ce n'est d'ordre, pour une bonne partie de cette foule.

Dans cette optique, ce n'est même pas d'un "meurtre prémédité" qu'il s'agit, quand on déclare que le préservatif serait non seulement inutile mais néfaste, ça tourne carrément au génocide ! Influence des pratiques nazies sur sa prime jeunesse hitlérienne ???
Qu'attendre de toute façon, à grande échelle, d'un homme (je commence à avoir un doute...) qui , à échelle individuelle, vient d'exclure de sa communauté une enfant de 9 ans, et ceux qui l'ont soignée, pour avoir sauvé sa vie en avortant du fruit d'un viol ?...

Décidément, j'aime de moins en moins les religions.

dimanche 8 mars 2009

Vagues à l'âme

Ce sens profond de l'univers
mille fois découvert par le camé dans sa défonce
mille fois inventé par le poète dans sa transe
dix mille fois oublié au fil des jours mornes
pourquoi donc me le faut-il ?

samedi 28 février 2009

Juste pour la joie

Un instantané, pour le plaisir de partager le flamboiement d'un bouquet de tulipes au soleil.
Un air de printemps, et les questions s'estompent quelques heures :) Le crépuscule est dans un autre monde...


NB : parmi mon joyeux bordel botanique, notez mon remarquable vase, en plastique et pliant.
Une acquisition au Sciences Museum de Londres il y a une quinzaine, entre autres gadgets. Il est très pratique, j'adore sa couleur... et je regrette juste de ne pas en avoir pris plusieurs !

mardi 24 février 2009

Penser libre... jusqu'à quand ?

(En un copier-coller sans fioriture, parce que ce n'est pas une question de beau style ou de poésie, juste une des multiples parades indispensables pour défendre des libertés qui nous paraissaient assurées.)

"Trois pétitions que tout citoyen peut signer pour défendre la liberté de la pensée... et la liberté de penser :
- La défense du service public d'Education Nationale
- La défense de l'Agence France Presse (AFP)
- La défense des revues de sciences humaines et sociales

Merci de diffuser ce message à vos carnets d'adresses, listes de diffusion et discussion... de l'insérer sur les blogs, sites web... de le publier dans les Newsletters électroniques, bulletins périodiques, etc."

(origine : Coordination des Universités, mais il est inutile d'être, de près ou de loin, membre de l'Education Nationale ou "intellectuel" officiel pour se sentir concerné...)

vendredi 20 février 2009

Mes semblables

J'aime ceux qu'on n'admire pas,
les paumés, les nuls, les ridicules.
Ceux que personne n'envierait,
ceux qui jamais n'auraient un prix
de beauté ou de courage.

Ceux-là sont ma famille,
frères et sœurs de cœur,
les faibles, les négatifs,
les ronchons, les inutiles.

Ceux qui ne servent à rien,
ceux qui ne manquent à personne.

lundi 9 février 2009

Derniers sursauts ?

Soubresauts
constants, violents,
qui me disloquent.
Entrechoquent mes peurs
mes haines
mes manques.
Fragmentent les fins tissus
qui parfois s'ébauchent.
Spasmes de colère,
de minable révolte
égoïste.
Infantile cri
à l'injustice.
Amertume glaciale
pour gâcher les débuts
de quelque chose
quelque moi
qui ne serait pas déchiré.

Onde nocturne

(avec un salut amical à So)

___Ça modèle mon visage en forme de sourire
Une étoile
___Ça étend ses longs doigts et pourchasse mes rides
froide piqûre
___Ça grimpe sur mon dos et fouette les douleurs
sur le voile de nuit
___Ça éclaire ma tête d'une vague sereine

Aperçu du jour,
du printemps,
de la vie.

dimanche 1 février 2009

Possession

Plongée en eaux terribles,
roulades de sens pervertis, punis.
Dépassement tragique dans la ronde comique.
Mes trop pleins et mes trop creux
s'imbriquent dans ton délire.
Tu me flottes, bouchon coquille de noix,
ballotée sur ton désir vierge,
ton caprice inhumain,
surhumain sous-animal,
tes buts inexistants,
ta liberté fantasque.
Suspendue à ta nacelle,
par une suspente de fumée,
volute involutée,
vague voluptueuse
voleuse d'âme.

vendredi 30 janvier 2009

Am stram tag...

...pic et pic et colle-tag !
Avant même d'affronter cette nouvelle épreuve de vérité, voici à qui je vais la proposer :

Foxxy1, tu t'imposes ! Il y a un tag en suspens entre nous ;-)

J'inviterai aussi à prendre le relais deux connaissances plus récentes. Peut-être le moyen d'apprendre à mieux les connaître ?

A vous donc aussi, Biribibi et Silvio Bernard.

Bien sûr, c'est une proposition, pas un devoir !

Quant à mon exécution de ce tag transmis par Zefyrane, "Définissez-vous sous la forme de 7 traits de caractère", j'avoue avoir du mal à distinguer, comme elle arrive à le faire, entre traits de caractères et qualités ou défauts :-(

Dans mon idée, tout ça ce sont des caractéristiques, que l'on considère comme positives ou négatives selon... ses propres caractéristiques !
En voici donc sept, qui ne sont peut-être pas des traits de caractère :

- entêtée... mais pas persévérante ;-)

- pessimiste, négative, broyeuse de noir en tout genre

- rigoriste, ficelée à la morale, à la loi, aux règlements... tout en m'en sentant étouffée et en en violant quelques-uns

- idéaliste, à la limite de l'utopie...

- rêveuse, planante, dans la Lune !!!

- curieuse (avide de découverte et de connaissance, pas indiscrète !)

- sincère et parfois trop franche

Une fois lancée, c'est dur de se limiter à 7 ! Ce ne sont peut-être même pas les plus représentatives. Je pourrais aussi dire :
- lucide, réservée, introvertie, anxieuse, vaniteuse, impatiente, perfectionniste
- fidèle, pacifiste, passionnée, sensible, sauvage, humoriste, ouverte.
Etc.

Il vaut mieux que je m'arrête : je n'aurai plus aucun mystère !

Tags en solde ?

La saison des tags est de retour et c'est deux pour le prix d'un !

En fait, Zefyrane vient de me taguer et ça m'a rappelé un autre tag, vu en coup de vent pendant mon éloignement involontaire, de Foxxy1 celui-là... le 11 décembre !

Ma réaction n'est pas très rapide, vous l'aurez remarqué, mais... je finis toujours, tôt ou tard, par faire mon devoir ! (air de petite fille modèle, auréole en phase ascendante et violons ad hoc)

Pardon Zefyrane : Foxxy1 a la priorité. Ce n'est que partie - brièvement - remise !
Je me lance donc à l'assaut de ce tag, révélateur de la personnalité paraît-il. Vous me donnerez votre interprétation ???

***

- Quelle est la première image qui se présente à vous quand on vous parle de votre enfance ?
Les fleurs de givre sur les vitres, au petit matin.

- La Mort frappe à la porte. Que choisissez-vous d'emporter dans l'autre monde ?
Quel autre monde ?

- Les livres que vous avez toujours désiré lire, sans jamais avoir trouvé le temps de le faire ?
Les oeuvres des grands philosophes, d'une façon générale. C'est le seul domaine ou mon inculture me pèse.

- Vous croisez George Clooney dans l'ascenseur. "Quel genre de femme êtes-vous", vous demande-t-il ? Que lui répondez-vous ?
Je suis totalement muette. Seuls mes yeux parlent (langoureusement).

- Si vous aviez eu le choix, auriez-vous préféré être un roi ou une reine ?
Une reine... de beauté. Le pouvoir m'effraie et m'écoeure.

- Préférez-vous nager dans une rivière ou dans la mer ?
Dans une rivière; j'aime l'eau froide et pouvoir boire une gorgée au passage ;-)

- Que devrions-nous faire en priorité pour la planète ?
Cesser de croire qu'elle puisse appartenir à quelqu'un.

- Et qu'aimeriez-vous que l'humanité fasse pour vous ?
Qu'elle me fiche la PAIX.

- Votre petit-déjeuner habituel ?
1/2 pamplemousse, 1 yaourt nature 0% et un ou deux mugs de thé.
C'est volontariste et diététique : je n'ai pas faim en me levant. Si je suivais ma seule envie, je ne prendrais que du thé.

- Aimez-vous écrire la nuit ?
J'aime toujours écrire et j'aime tout faire la nuit. Donc...

- La dernière fois que vous étiez ivre ?
Je devais avoir 6 ou 7 ans et avais fini tous les verres qui traînaient sur la table en fin de réveillon. J'aime boire, mais pas dépasser le stade "un peu gaie" :
1- au-delà, j'ai le vin triste :(
2- j'ai toujours trouvé le côté "dégueulis/gueule de bois" plus sinistre que festif.

- Pensez-vous que de grandes œuvres comme "Hamlet" ou "Don Quichotte" sont encore à venir ?
Bien sûr ! mais qui n'auront probablement rien à voir avec celles-là et seront peut-être écrites sur du vent, ou sur une pluie d'atomes...

- Le plus gros mensonge de votre vie ?
Avoir caché à ma mère (grabataire) la mort de mon père. Contre ma conscience, d'ailleurs.
Je n'aime pas mentir - ça complique trop les choses ! - mais je mens bien.

- Que transportez-vous dans vos poches ?
Ca c'est une question pour un mec ! La seule chose que j'aie toujours dans mes poches, c'est une poignée de mouchoirs en papier. Sinon le bazar est dans mon sac. Mais alors là, il y est bien !

- Un désir en particulier ?
Un seul ??? Alors j'en pioche un au hasard : visiter Amsterdam, notamment le Rijksmuseum.

- Que diriez-vous d'un barbecue sympa avec Gustave Flaubert un de ces jours ?
Pourquoi pas, s'il amène Tanit et Hannibal ?

- Paysage préféré ?
Un horizon très lointain avec un ciel immense, que ce soit la mer ou une plaine.

- Période de la journée que vous n'aimez pas ?
Le crépuscule en hiver, midi en été.

- Dernier mot que vous aimeriez prononcer avant de mourir ?
Oui.

- Un boulot que vous n'auriez jamais pu faire ?
Vendre quelque chose, que ce soit des aspirateurs, des idées ou des gens.

- Citation préférée que vous pourriez vous faire tatouer sur le bras ?
If the doors of perception were cleansed every thing would appear to man as it is, infinite. (William Blake - The Marriage of Heaven and Hell)
Un peu long pour un tatouage ;-) alors je mettrais juste "the doors"

- Quand il se met à pleuvoir, vous continuez à marcher ou vous vous abritez au risque de manquer votre rendez-vous ?
Je gambade ! J'adore marcher sous la pluie (sans chanter, heureusement).

- Si vous aviez la possibilité de voyager dans le passé, quel siècle aimeriez-vous visiter ?
Le XXème. Avant, il y avait vraiment trop peu de confort et trop de mauvaises odeurs !

- Vous arrive-t-il de manger du pop-corn au cinéma ?
Oui, ça fait partie du plaisir :)

- Décrivez l'endroit où vous écrivez :
Juste là, maintenant ? Je suis à mon petit meuble ordinateur, à peu près au milieu de la grande pièce principale de mon studio. Mais j'écris peu directement sur PC; je griffonne (sur de petits carnets) à peu près n'importe où, avec une grosse préférence pour les bus.

***

Voilà bien de l'exhibition de face cachée !!!
Reste encore à transmettre/soumettre à quelques bonnes âmes ce témoin qui a un peu pris racine... en espérant qu'elles ne l'aient pas déjà eu :)

- Zefyrane, un tag pour un tag : c'est la loi du talion ! (Foxxy1 n'y coupera pas non plus ;-)
Incidemment, c'est aussi l'occasion pour mettre enfin un lien ici vers ton royaume aérien; j'étais persuadée de l'avoir ajouté depuis longtemps...

- Clélia, une occasion là aussi : celle de reprendre le chemin de Cléliart, bien trop longtemps négligé :(

- Sophie, quoique j'imagine mal un tag sur ton requiem; mais ce questionnaire, pourquoi pas ?

Je m'arrête là. Ca fera déjà 75 réponses à lire... si vous le voulez bien :)